ODD 17 : des liens et des lieux !

Des « catalyseurs territoriaux » aux « éclaireurs 2030 », la semaine dernière a permis de prendre de la hauteur pour incarner les dimensions à la fois prospectives et pédagogiques de l’ODD 17 en pratiques.

Après avoir mis en valeur le retour d’expériences des « Catalyseurs territoriaux » en novembre, le live mensuel sur LinkedIn des « Jeudis de l’ODD 17 » était consacré à celui des « éclaireurs 2030 » de la Fondation pour la Co-construction du bien commun. Le Secrétaire général de la Fondation, Yann ULLIAC, a mis en perspective les impacts du faire alliance au travers des exemples des « Artisans du bien commun », des « Projets Cèdre du Liban » et des « Territoires de confiance ».  Très pédagogique, cette interview est à voir en replay.

Le jour même, le 6ème webinaire 2022 de la plateforme « l’innovation territoriale en actions » était consacré aux tiers lieux.  L’occasion d’écouter les fondateurs respectifs du Mazier à Bourbon-l’Archambault dans l’Allier et de l’Hermitage à Autrèche dans l’Oise sur les caractéristiques de ces nouveaux espaces de confiance qui se développent sur les Territoires. Pour aller plus loin sur Le Mazier, découvrez le dossier annuel de JURIS Associations « Coopération territoriale : le chœur de l’action » ; et pour prolonger les échanges, nous vous invitons à retenir dès à présent le 11 janvier prochain, de 9h à 11h30. L’Hermitage, « Territoire de confiance » de la Promotion 2022 de la Fondation pour la Co-construction du bien commun, interviendra au séminaire « Economie & Sens » de l’Ecole de Paris du Management, en partenariat avec Le RAMEAU (inscription auprès de mathieu.degoul@ecole.org).

Les tiers lieux ne sont pas seulement des infrastructures ; ce sont avant tout des lieux de rencontres et d’interconnaissance entre profils d’acteurs différents d’un même territoire. Pour mieux en percevoir la portée, Le RAMEAU suggère une triple lecture :

A l’occasion de ce webinaire, Le RAMEAU a insisté sur la différence entre les notions de co-construction et de co-gestion qui sont souvent confondues. En effet, les travaux de recherche éclairent la complémentarité entre les deux notions de la manière suivante :

  • Co-construction = agir ensemble. Tout en ayant son indépendance de décision de chacun, les partenaires acceptent de se mobiliser ensemble vers un objectif commun dont ils définissent eux-mêmes leur propre contribution. Autrement dit, c’est une approche écosystémique multi-acteurs où les gouvernances sont multiples. La co-construction est donc de l’ordre de l’articulation des interactions au sein d’un écosystème. L’exemple type est une expérimentation innovante multi-acteurs de profils différents.
  • Co-gestion = décider ensemble. Il s’agit d’unifier la prise de décision au sein d’un organisme uniforme qui a autorité ensuite pour que le cadre s’applique à tous. Autrement dit c’est une approche organisationnelle dans une unité de gouvernance qui a autorité pour arbitrer. C’est donc de l’ordre de la gestion des arbitrages au sein d’un système. L’exemple type est … la gestion d’un tiers lieu !

Le niveau de co-construction est donc de l’ordre de l’engagement là où la co-gestion est de l’ordre de la responsabilité. Pour des acteurs aux profils très différents, le premier est bien souvent un moyen d’interconnaissance avant d’accepter de passer à une (éventuelle) étape de co-gestion. C’est en cela que la co-construction du bien commun (l’agir ensemble) est bien souvent un outil d’aide à la décision pour la gestion de l’intérêt général (la garantie de la cohérence et de la cohésion d’ensemble). La co-construction n’est pas seulement un moyen de mobilisation en aval de la décision (comment mettre en œuvre ensemble une décision prise), c’est aussi – et peut être surtout – une phase active préparatoire aux choix politiques (publics et/ou privés) qui sont faits. C’est ce que les travaux du RAMEAU qualifient de « R&D sociétale ». Cette dernière nécessite de bien clarifier les légitimités respectives des gouvernances représentatives, délibératives et participatives… et notamment de bien distinguer les trois par une pédagogie du « qui fait quoi » au travers de l’exemple d’actions réalisées, de leur initiative jusqu’à leur évaluation. Pour en éprouver concrètement la richesse, la gouvernance d’un tiers lieu peut être l’occasion de tester et d’éprouver de nouvelles formes de gouvernance collective.

En synthèse, la semaine dernière a donc été riche en réflexion et actions pour valoriser le faire alliance dans ses dimensions prospectives et pédagogiques qui sont détaillées dans la newsletter de décembre du RAMEAU : « ODD 17 : un vecteur de confiance ».

Cette semaine, 3ème étape du cycle « 4 semaines pour agir ! » vous invite à (re)découvrir les nouveaux équilibres économiques. Si vous ne l’avez encore fait, nous vous invitons à réserver votre jeudi de 13h à 14h30 pour le 10ème webinaire « CAP 2030 vers de nouveaux modèles socio-économiques » (inscrivez-vous dès maintenant !).