Agir ensemble : Agilité, inventivité et frugalité…

… ce sont les trois valeurs ajoutées induites par les alliances d’intérêt général. Elles ont été modélisées par la recherche empirique, démontrées par l’expérimentation 2020-2022 du Fonds ODD 17, mesurées par l’étude d’impact 2018-2022 du faire alliance, et illustrées ce mois ci dans le cycle « L’ODD 17 en pratiques » dédié à l’économie d’alliance.

En ce mois d’avril, les 3 plateformes « L’ODD 17 en pratiques », « Trajectoires socio-économiques » et « L’innovation territoriale en Actions » ont fait converger leurs actions pour faire la pédagogie de la valeur de « l’économie de l’alliance ». Cette dernière a été qualifiée par les travaux empiriques du RAMEAU dès 2013 lors des Assises de l’Entrepreneuriat.

Une décennie plus tard, quels enseignements en retenir en synthèse ?

« Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin ! ». Ce célèbre proverbe africain est au cœur du 17ème Objectif de Développement Durable de l’Agenda 2030 des Nations Unies. L’expérience le prouve, mais comment le qualifier « scientifiquement » ? C’est l’une des missions que s’est assignée Le RAMEAU en 2006 en créant un laboratoire de recherche empirique sur la « co-construction du bien commun ». Si depuis 18 ans, les avancées sont majeures dans la capacité à connaitre et reconnaitre la valeur intuitive du « jouer collectif », il faut bien avouer qu’il est encore souvent difficile d’en définir la valeur objective.

Les travaux de recherche empirique ont fait émerger trois valeurs ajoutées complémentaires qui caractérisent la plus-value des alliances d’intérêt général :

  • Agilité: le fait de « faire avec » plutôt que de « faire pour » permet incontestablement une agilité plus grande et une capacité de réactivité renforcée. Certes le temps du cadrage est plus long, mais le gain de temps et d’efficacité dans l’action compense très largement cet investissement initial. Les programmes « Chef de projet innovation territoriale » sur la mobilisation des énergies locales dans la co-construction des Projets de Territoire, et « Jeunes & Territoires 2050 » sur l’implication des jeunes dans la mise en œuvre de solutions durables en sont des exemples éclairants. Sur la cinquantaine d’expérimentations partenariales soutenues entre 2020 et 2022 par le Fonds ODD 17, son évaluation a (dé)montré que les solutions co-construites localement dans un cap et cadre commun sont trois fois plus durables… parce que les acteurs sont impliqués et eux-mêmes engagés dans la pérennisation de l’action. L’alliance crée un montée en compétences naturelle qui consolide les projets réalisés.
  • Inventivité : le fait d’associer des compétences issues de « mondes différents » permet de faire émerger des solutions nouvelles auxquelles aucun des acteurs ne pouvait accéder seul. C’est le phénomène 1+1 = 3 ! Il ne s’agit alors plus seulement d’être dans un « contrat échange » où chacun retire un juste retour de son engagement, mais plus largement dans un « contrat alliance » où au-delà de répondre aux besoins de chacun des partenaires, le partenariat contribue à la création de valeur pour le Territoire et les publics ciblés. Que ce soit dans le cadre local d’une innovation territoriale ou plus globalement d’une innovation sociétale, l’effet de levier sur l’investissement est alors structurant. L’expérience du Fonds ODD 17 montre un retour sur engagement de 1 à 7 en moyenne. Plus l’investissement est réalisé en amont de l’alliance, plus l’effet de levier est important sur la valeur créée, ainsi que sur la capacité à trouver un partenaire « relais » pour prendre la suite de l’engagement.
  • Frugalité: de la modélisation du risque à l’économie de l’alliance, les analyses nous amènent à un troisième effet induit sur la valeur du faire alliance. C’est la frugalité des moyens nécessaires lorsqu’une alliance est mise en œuvre. Le retour d’expérience sur la période 2020-2022 du Fonds ODD 17 donne là encore un enseignement intéressant. La réduction de moitié du budget initial n’est pas liée à une optimisation des coûts ; mais à une capacité à mobiliser des réseaux complémentaires qui peuvent actionner leurs propres moyens beaucoup plus efficacement qu’en demandant à chacun de « tout faire ». C’est sur cette valeur ajoutée que la démonstration est la plus flagrante : pour être plus durable, la question stratégique aujourd’hui est moins l’optimisation de l’action de chacun, que la valorisation des interactions entre tous. C’est un changement de paradigme dont l’apprentissage est à cultiver avec soin.

Ces trois valeurs induites étant aujourd’hui qualifiées, il est nécessaire de les intégrer dans la valorisation socio-économique de l’économie d’alliance. C’est ce qu’a décrit le cahier de recherche « ODD 17 : Economie(s) & Territoire(s) », et illustré le rapport « Vers de nouveaux équilibres socio-économiques ».

En ce mois d’avril consacré à la pédagogie de l’économie de l’alliance, l’article « Modèles socio-économiques & Territoires » nous en rappelle l’historique, ainsi que l’urgence de l’activer afin d’accélérer la territorialisation des transitions. Un autre article « Calculons l’impact non quantifiable » nous invite quant à lui à expérimenter dès aujourd’hui les modèles d’évaluation qui intègrent une « prime à l’alliance » (cf. module « l’évaluation partenariale en pratiques »). Le Fonds ODD 17 qui la pratique dans le cadre de ses investissements auprès des acteurs, actions et alliances d’intérêt général peut témoigner de sa valeur, et de la confiance réciproque que cela produit sur les partenaires impliqués où chacun peut se sentir ainsi à sa « juste place ».

Après cela, qui peut encore dire que l’alliance n’a pas de valeur ?