Avant de (re)partir pour une année qui s’annonce intense, prenons le temps de nous souhaiter une bonne et belle année 2026 ! Qu’elle soit jonchée de bonnes nouvelles pour lutter activement contre toutes formes de désespérance et de démoralisation. C’est la peur qui alimente toutes les formes d’excès que nous vivons aujourd’hui…
… alors, prenons le temps de nous saluer, de nous écouter, de nous connaitre et reconnaitre pour mieux affronter l’année qui vient. Elle sera difficile – n’en doutons pas – ; mais elle peut être féconde à défaut d’être sereine.
L’année 2025 a été difficile à la fois collectivement et individuellement. Annus horribilis pour beaucoup, et notamment pour Le RAMEAU. Notre laboratoire de recherche empirique n’a pas été épargné par les injonctions contradictoires que nous vivons tous.
Nous incarnons un exemple parmi tant d’autres qui pose des questions structurantes : comment investir en « Commun(s) » au service de l’intérêt général si les opérateurs financiers, et notamment ceux de l’ESS, refusent de croire dans les modèles innovants ? Comment faire comprendre que le refus d’un prêt aura couté trois fois son montant pour sauver un modèle 100% d’intérêt général ? Comment expliquer que ce soient les quatre salariés qui aient dû subir de plein fouet l’incohérence d’opérateurs financiers devenus de plus en plus « irresponsables » au sens 1er du terme ? L’article « les banques sont-elles irresponsables ? » publié en février dernier quelques semaines avant le retournement de situation du RAMEAU était malheureusement prémonitoire…
… mais nous ne nous sommes pas arrêtés à ce qui semblait inéluctable ! Grâce à nos partenaires institutionnels restés fidèles, à de nouveaux partenaires stratégiques et à la philanthropie familiale et territoriale, nous avons su (ré)inventer en 9 mois un nouveau modèle 100% bénévole, conforme à notre valeur pour l’écosystème et à nos valeurs d’engagement. En toute humilité, loin des grands discours et des belles théories, la qualité de la confiance créée avec nos réseaux partenaires aura eu raison de l’irresponsabilité de certains acteurs pseudo-économiques qui confondent tableaux de bord et création de valeur. Mais faut-il le leur reprocher alors que c’est notre approche collective de l’économie qui est à (re)questionner ? … de nombreuses questions restent à investiguer ensemble pour (re)construire des trajectoires justes et durables.
L’économie, ce n’est pas d’abord une question de financement, mais de valeur incarnée et ancrée. Il s’agit fondamentalement de « l’équilibre de la Maison » à laquelle nous appartenons. Comment avons-nous pu laisser croire qu’il ne s’agissait que de questions budgétaires ? Comment avons-nous pu en arriver à confondre l’outil avec sa finalité ? Comment être tombé dans le piège d’une lecture d’indicateurs qui cachent la réalité de la valeur créée en « Commun(s) », seule capable de nous permettre de relever les défis devant nous ?
Quoi qu’il en soit, chacun d’entre nous a vécu, vit ou vivra dans son cheminement des « annus horribilis ». Cette expression – popularisée en 1992 par la Reine Elisabeth II – nous rappelle qu’être confronté(e) à des échecs et/ou à des difficultés qui semblent insurmontables est le propre de la vie ! Alors que faire face à cette réalité ?
Lorsque la charge est trop lourde à porter seul(e), c’est alors que la notion d’alliance prend racine. C’est en ce sens que les pays du Sud ont éclairé les pays du Nord en 2015 en exigeant in extremis d’ajouter un 17ème Objectif de Développement Durable à l’Agenda 2030 dont nous fêtions l’an dernier le 10ème anniversaire. Malgré les apparences – souvent trompeuses – c’est une réelle sagesse en effet que de croire en notre capacité de réussir ensemble ce qu’il nous est impossible de surmonter seul. Pourtant, dans ce cas, l’annus horribilis devient alors un signe d’espérance où le relèvement incarne une nouvelle voie. Ces trajectoires de résilience deviennent ainsi la démonstration qu’il est possible d’allier performance, innovation et confiance… si nous ne sommes pas seul(e)s devant nos défis !
Le modeste retour d’expérience du RAMEAU en est un exemple concret ! Qui aurait cru possible le 4 avril dernier, devant l’ampleur de la déflagration que nous venions de subir, que nous pourrions sereinement venir vous souhaiter une bonne année 2026 ?
Prenons donc le temps de nous souhaiter le meilleur possible pour l’année à venir. Que le chemin de ce nouveau millésime soit pavé de bonnes nouvelles et de belles rencontres qui viennent transformer nos doutes en raisons objectives de faire le « Pari de la confiance » …
… et que de nombreuses occasions nous soient donner de vivre individuellement et collectivement les impacts concrets de la co-construction du bien commun !
Belle et bonne année 2026 !
Charles-Benoît HEIDSIECK, Président-Fondateur du RAMEAU