L’actualité met en lumière le rôle stratégique des Fondations qui sont au plus près du « 1er kilomètre » des besoins, des ressources et des envies d’engagement. Le développement des Fondations territoriales incarne un mouvement profond déjà souligné en 2020 : dans les crises et les doutes, les Fondations sont des boussoles d’intérêt général !
Déjà en 2020, le rôle de « médiatrice » des Fondations a été mis en lumière par les travaux de recherche empirique du RAMEAU. Alors que nous sortions à peine de la crise sanitaire, et que de la « reconstruction » était à l’ordre du jour, le kit pratique « Impact des fondations » avait pour objectif de rendre lisible et visible la manière dont les fondations impactent les Territoires en mutation (cf. article du 11 juin 2020 « kit pratique impact des fondations »). C’est souvent au cœur de la crise, et dans les moments incertitudes, que le rôle de tiers de confiance des fondations prend tout son sens.
Le contexte actuel ne fait pas exception, bien au contraire ! Une différence de taille par rapport à l’observation de ce positionnement depuis 20 ans : ce rôle se joue aujourd’hui au « 1er kilomètre » des réalités locales. C’est ce qui explique le développement de Fondations territoriales. Avant le voyage d’étude de 2008 en Amérique francophone, seules la Fondation de Lille (1997) et l’Association de préfiguration de la Fondation de Corse (2002) avaient choisi d’appréhender la transversalité des défis territoriaux. Historiquement en France, les Fondations sont en effet thématiques, et rares sont celles qui appréhendent la transversalité de nos défis communs. A l’échelle d’un Territoire en revanche, il ne saurait en être autrement. Il n’est donc pas étonnant de constater que 50% des 27 Fondations territoriales françaises ont été créées depuis 2020.
Au cœur d’un dialogue en confiance entre la pluralité des acteurs locaux, les Fondations territoriales sont un espace de co-construction idéal pour se bâtir une boussole en « Commun(s) », spécifique à chaque Territoire.
L’actualité de la semaine dernière nous éclaire sur les « points cardinaux » de la boussole :
- Au Nord, se doter d’un Cap et d’un cadre communs: le 18 juin, la Fondation des Territoires a publié sa Tribune annuelle à l’occasion de son anniversaire : « Économie et territoires : quelles trajectoires pour réconcilier prospérité et intérêt général ? ». Elle invite à se saisir des 7 prochaines années du mandat local pour (ré)inventer ensemble les conditions de nouveaux équilibres socio-économiques, et à faire émerger des trajectoires justes, durables et équilibrées… en donnant sa « juste place à chacun ». Le Territoire, c’est « l’intérêt général à portée de main », et donc le lieu où l’énergie de chacun peut devenir un véritable engagement au service de nos défis communs.
- A l’Ouest, savoir partager son savoir-faire: le 18 juin, à l’invitation des acteurs de la Sarthe, la Fondation territoriale de Loire Atlantique est allée au Mans partager son expérience, en mobilisant d’autres fondations territoriales : la Fondation de la Vienne, le Souffle du Nord et la Fondation Marne & Bois. Ensemble, ces exemples pluriels ont rappelé l’importance de partir du « 1er kilomètre ». Si aucune méthode n’est universelle, il est en revanche possible de tirer des Repères en « Commun(s) », et de se servir des expériences passées pour accélérer l’engagement de celles et de ceux qui veulent passer à l’action en s’appuyant sur des méthodes éprouvées ( webinaire du 14 avril « Agir ensemble en Territoire : quelles méthodes ? »).
- A l’Est, valoriser la pluralité des engagements au cœur des Territoires: le 16 juin, la Fondation territoriale Marne & Bois a organisé le webinaire « L’engagement territoriale des entreprises en Actions », en partenariat avec le Territoire Paris-Est Marne & Bois, les 7 Clubs locaux d’entreprises, l’ORSE et le Fonds ODD 17 (cf. synthèse & replay). Un passionnant témoignage de la force des entreprises lorsqu’elles agissent ensemble, et de l’urgence de mieux faire connaitre et valoriser ces engagements de proximité.
- Au Sud, explorer la diversité des modèles: les 15 et 16 juin, Daniel GOUEU était en visite d’étude. Pilote de l’étude « L’impact local des Fondations territoriales », il a notamment eu l’occasion d’auditionner l’une des Administratrices de l’Association de préfiguration de la Fondation de Corse. Cette étude s’inscrit dans le cadre du partenariat entre AgroParisTech et Le RAMEAU. Menée en étroite coopération avec le Réseau français des Fondations territoriales animé par la Fondation de Lille, elle décrypte comment une Fondation territoriale prend racine en fonction de son écosystème territorial, en subsidiarité avec les acteurs et les actions déjà existants. C’est un levier stratégique pour les Projets de Territoire qui incarnent la mobilisation de tous dans la capacité de relever les défis en commun, en donnant sa juste place à chacun.
Alors simple outil juridique ? Levier de mutualisation de moyens au service du Territoire ? Espace de co-construction de projets en « Commun(s) ? Dispositif stratégique de (ré)invention des réponses à nos fragilités en fonction des priorités locales ? Chacun verra dans la Fondation territoriale l’angle qui correspond le mieux à sa maturité. Une chose est certaine : l’émergence des Fondations territoriales est tout sauf une coïncidence avec l’ampleur des défis que nous devons affronter au plus près des réalités de terrain.
Daniel GOUEU sera l’invité de la prochaine session de présentation de la base IMPACT-Alliances, le mardi 30 juin, à 9 heures. Venez l’écouter évoquer les premiers enseignements de l’écoute des Fondations territoriales (information & inscription)…
… et naturellement, ne manquez pas les Rencontres Nationales de la Coopération Territoriale, le 7 juillet. Vous n’êtes pas encore inscrit(e)… rendez-vous pour plus d’information sur l’espace de présentation des RNCT 2026 !